Un seul titre ce soir, la suppression de Taratata.

Je paye ma redevance, bien sagement. Depuis que j’ai quitté le giron familial et possède un poste de télévision. Je n’en fais ni une fierté, ni rien de spécial, c’est juste un fait.

Cette redevance, paraît-il, finance le service public. Qui ne se finance plus par la publicité d’ailleurs. Quelle conséquence ? Les directeurs des programmes sont en train de vider les chaines de toute substance. On ne sait plus à quoi sert F4, à part diffuser des téléfilms sans intérêts et les redifs sportives aux heures où ses grandes soeurs lui laissent les miettes. 

Je me souviens d’un temps où on pouvait y voir Taratata en première partie de soirée. Par exemple. Ou des redifs d’émissions qui m’intéressaient mais qui étaient diffusées sur la 2 ou la 3 pendant que je travaillais ou dormais. 

Je me souviens qu’on nous expliquait il y a peu que la suppression de la pub permettait de garder intacte et détachée de toute compromission l’exception culturelle du service public. 

Or donc, privée de la manne financière salvatrice, tout coûte aujourd’hui trop cher. Et la grille est conçue en dépit du bon sens. On relègue à des heures impossibles les émissions rares. De fait, je ne doute pas qu’il en coûte un peu de fabriquer un Taratata. Ben oui, de vrais musiciens, de vrais techniciens, en nombre nécessaire, un plateau à la taille des âmes qui le fréquentent, et le matos à la hauteur. Des âmes justement, souvent exceptionnelles, qui viennent ici et nulle par ailleurs (à part vite fait, parfois, certains, au Grand Journal de Canal, qui n’a malheureusement pas non plus la carrure du NPA des années Gildas/DeCausnes). Un mix subtil entre groupes à la mode, grands pontes, légendes vivantes et petits jeunes qui ne vont pas tarder à se faire connaître. Une histoire entre eux et nous, des souvenirs, des rencontres, qu’on a partagé depuis deux décennies. On peut aimer ou ne pas aimer, mais on se doit de lui reconnaître une vraie identité, une vraie réussite. J’y ai découvert à peu près tous ceux que j’écoute aujourd’hui. Et j’adore le défilé de pompes de Nagui. 

Bref, je paye ma redevance pour voir des émissions comme celle-ci. Ou l’Ombre d’un doute, présentée par Franck Ferrand, dont je suis également l’émission radiophonique en podcast. Pour savoir que Des mots de minuit existe, ou même Chabada. Tiens JF Zygel est passé entre les gouttes ou ai-je loupé son éviction à lui aussi ? Et Levaillant sur France Inter.

Après un été qui sera sans doute aussi merdique à l’écran que dans les cieux, nous aurons donc une rentrée du PAF d’une platitude affligeante. Oh, on nous promet des nouveautés, de la modernité. Je m’attends donc à les voir essayer de faire du TF1 sans la puissance financière du groupe privé. Séries US de secondes zones, téléfilm français dignes de Derrick, rediff des collections Maupassant (personnellement, une fois de temps en temps ça va, mais point trop en abuser il ne faut), seul petit espoir, les diffusions en direct de théâtre, comme la pièce est jouée de toute façon, j’imagine que ça revient un peu moins cher. Encore faut-il qu’ils se glissent dans les bonnes salles, et ne rediffusent pas les captations à tour de bras, on va se lasser. Si au moins Drucker se lâchait à la télé comme à la radio… 

Non, on va avoir une télé à peu près aussi réjouissante qu’un hachis parmentier surgelé de marque premier prix face à une merveille de purée maison avec les restes de viandes finement hâchés, épicés, tomatés de frais, et gratinés.

Et bien c’est officiel, ma redevance va me faire mal au … cette année. 

Alors par pitié refoutez nous de la pub après 20H, encaissez les gros chèques de ces vilains capitalistes, et recommencez à produire ou à acheter ce pour quoi on paye !

Merde à la fin !