D’accord, un syndicat, c’est fait pour défendre les salariés. Un syndicat de salariés s’entend.

Un syndicat de patrons, c’est fait pour défendre les patrons.

(oui, je suis trop trop forte, j’ai tout compris)

De part et d’autre, les chefs de ces clans crient à l’urgence de redresser la situation économique de notre beau pays. Bien bien bien. Personne ne sera étonné de constater que chacun a ses idées sur la méthode. Et que ces idées sont assez peu compatibles entre elles. 

Mais quand j’entends un chef syndical intimer au gouvernement de choisir entre les patrons et les salariés, sous la menace de mouvements sociaux, alors là, ça me hérisse le poil, voire me donne de furieuses envies de lui botter le fondement.

Et ducon ! Un tout petit peu de lucidité. Pour qu’il y ait des salariés, il faut des patrons. Des gens qui ont du blé et choisissent de faire tourner une boite plutôt que de se laisser rôtir sur une plage quelconque du bout du monde, où il vivrait sûrement très heureux. Alors oui, bien sûr, les abus sont à combattre, presser les salariés jusqu’à ce que délocalisation s’ensuive n’est pas une solution. Mais moi je serais choquée, profondément, si j’entendais le gouvernement tout entier mettre tout le patronat dans le même panier, et clouer tout ce beau monde au pilori. Bien sûr qu’il faut que les entreprises puissent gagner du fric. Je te concède que partager un peu le gâteau, c’est mieux, mais en attendant, si tu contrains un petit peu trop ceux qui ont les moyens de faire tourner le pays, tu crois quoi ? Qu’on sera tous fonctionnaires demain ? Payés en bonnes intentions puisqu’il n’y aura plus un kopeck à verser sur nos comptes bancaires ? Parce que les mecs, pour sûr, ils finiront par aller voir ailleurs, y dépenser leur argent.

Pas plus qu’il ne faut choisir de ne favoriser que les entreprises et leurs actionnaires au détriment des petites mains qui font avancer la machine au quotidien. 

Et tant que ces Astérix défendront farouchement leur petit village contre le vilain envahisseur, on ira droit dans le mur… 

A moins qu’on ne se téléporte au pays des Bisounours, mais je crois que la science est un peu en retard sur le sujet. 

Bref, vu le discours actuel, il est assez peu probable que je ressente la moindre once de compassion aux grèves qui ne vont pas tarder à nous tomber sur le coin de la gueule. Les seuls “mouvements” qui attireront ma sympathie seront ceux des ouvriers qui tentent de sauver leur boulot. Mais les combats “pour le principe”, qui n’ont d’ailleurs pour réelle vocation que de donner un certain poids aux organisations qui sont derrière, et n’obtiennent franchement plus grand chose depuis des lustres ! C’est pas du syndicalisme ça, les gars, c’est de la bagarre de cour d’école, c’est la guerre des boutons en plus gros. Et en moins drôle, si au moins vous défiliez à poil, on rigolerait un peu !

Quand ils se décideront à mener de vrais combats, on en reparlera !

Petite précision quand même : mon coup de gueule est à l’encontre des… patrons des syndicats (c’est comme ça qu’on dit non ?), des cadres, de ces mecs (oui, ça manque un peu de filles aussi dans ces sphères là, pour des gens qui crient à l’inégalité) qui sont bien loin de la base depuis… pfff, l’ont-ils seulement vraiment connue ? Parce que chez les petits employés et ouvriers, il y a des syndicalistes, convaincus et parfois convaincants, qui eux remueront ciel et terre pour sauver les miches des copains, vont au charbon pour le voisin, lèvent le poing pour les plus faibles, les plus exploités. Ces mecs là, ils se bougent au quotidien. Des fois, ils sont même pas syndiqués. Mais ils luttent contre les petites injustices, pied à pied. Et ceux là sont respectables, même si parfois je ne partage pas leur vision des choses. Qu’ils ne se sentent en aucun cas visés par mon mépris, je le réserve aux méprisables, ils n’e sont pas. 

Sinon, cela n’a absolument rien à voir, mais les paralympiques démarrent. Alors petit message perso pour Laurent : un grand merde !