*Le titre est directement inspiré du titre du spectacle de Constance

Et donc, Anne me donne envie de lui répondre en un peu plus long qu’un commentaire, on va faire dans l’ordre.

Les rêves de petite fille. Alors là, je ne me souviens pas si j’ai eu envie d’être une princesse, petite. Fée, ou sorcière, oui. Mais princesse, je l’ignore. Robes meringues, pas forcément comme vous pouvez l’imaginer, cependant, et ça risque de surprendre ceux qui croient me connaître, je bave devant les grandes robes de soirée, et je rêve depuis plus de 20 ans d’un modèle de Christian Lacroix, quand il faisait encore de la Haute Couture, composé, entre autre de plus de 20 mètres de tulle. Je suis subjuguée par l’élégance de certaines lignes, les robes fourreaux de Rita par exemple. Donc, on va dire qu’il y a eu, un jour, un potentiel. Et puis je rêvais du prince charmant, même si ma version sortait pas franchement d’un comte pour enfants. 

Sauf que. La vie est passée par là. Je ne porte plus du tout de robes, même pas de jupe. Jambes moches, déjà ça calme. Pas de poitrine, et une robe sans décolleté, je trouve que ça fait tout de suite sac. Oh, bien entendu, on peut tricher. Mais si il m’arrive parfois de mettre des orthèses, je n’en trouve pas de confortables. Et puis il faudrait des talons, fins et élégants. C’est sans compter mon incapacité à me tenir là dessus (et qu’on ne m’excagasse pas avec ça, c’est médical, je suis hyperlaxe, et la moindre inégalité au sol me tord la cheville, l’avantage, c’est souple, donc ça casse pas, l’inconvénient, ça fait un mal de chien !). Alors là, tu visualises donc une robe fourreau sur une grande fille maigre sans seins, les fesses plus vraiment fermes, mais ça se verra pas, vu qu’elles dépassent autant que la poitrine, et en talons plats. Et tu comprends pourquoi pantalons et chemises sont mes amis.

Et puis trop de féminité risquerait accidentellement d’attirer un regard masculin de temps en temps, et il y a longtemps que j’ai compris qu’en guise de prince charmant, je risquais surtout de tomber sur un sombre connard, ou un abruti total, parfois les deux. Dans le genre éteignez la lumière, ça les attire. Voilà.

Et puis comme Anne, j’aime à pouvoir me mettre dans des positions parfois un peu étranges, pour compenser une douleur ici ou une crampe là, et ma foi, un bon vieux jean informe s’y prête tout de suite beaucoup mieux ! (D’ailleurs j’angoisse un peu de mon futur travail, on est tous dans le même bureau et je vais avoir l’insigne honneur d’être en plein milieu, m’interdisant pour un temps de me caler à mon aise (quoi que quand je vois la tenue du élément masculin du bureau, je me dis qu’ils ne sont pas très regardant avec ça, mais on va ptet prendre le temps de se faire apprivoiser).

Tiens, un autre truc de princesse, c’est d’être si sensible qu’elle sentirait un petit pois sous une épaisse couche de matelas. Alors pour ça, je recommande le divorce. Il fallait bien qu’il garde quelques meubles, il a gagné le lit. Et pendant quelques mois j’ai du dormir sur mon canapé en cuir. Le-dit canapé avait une trentaine d’années. J’ai du rembourrer chaque coussin avec ce que je trouvais pour qu’ils ressemblent à autre chose qu’une pauvre galette. Ils glissaient. Bref, dormez sur des grosses pierres, j’imagine que ça doit être assez proche. Je peux vous dire un truc, outre que je bénis ma tante de m’avoir payé un matelas quand elle a vu ça, c’est que ça fait du bien quand ça s’arrête ! En tout cas, une princesse n’aurait pas survécu à pareil traitement.

Anne nous cause ensuite de la salle de bain, et de sa capacité à faire vite. Et ben pareil camarade. Si besoin, je peux aller très vite. Et c’est le cas dès lors que je ne suis pas seule à devoir me préparer. Il faut dire que je dois compenser le temps que prennent les enfants, alors où on se lève avec 4 heures d’avance, ou je me grouille. Les chaussures chères et inconfortables ? Inconfortables, ça peut arriver, mais chères, non. Les fringues virevoltant à se prendre dans les portières ? Rarement ! Le miroir ? On est fâché lui et moi, il s’obstine à me montrer quelqu’un d’autre !

Il y a un truc qu’elle a oublié, et qui aurait pu être mon dernier vestige de princessitude. Les cheveux ! La princesse n’a t elle pas une loooongue chevelure délicatement bouclée (et souvent blonde ou éventuellement rousse, les brunes sont méchantes et les châtains, je sais même pas si il y en a) ? Donc je suis, à l’origine, châtain. Je dis à l’origine parce qu’au détour du camouflage du vieillissement de ma garniture capillaire, il m’arrive de donner dans le auburn ou proche de ça (par contre, la dernière fois, j’ai choisi chocolat et je suis ressortie plus rouge que quand je prends des roux, va falloir qu’on m’explique un truc là). Bref. Mes cheveux sont longs. Oh combien ! Mais le côté doux et délicatement bouclé, souples, qui volent au vent… bah ils ont du louper un truc, parce que ça rend pas du tout comme ça. Et à ceux qui préconisent un passage chez le merlan, je répondrais un peu facilement que je ne suis pas une morue. Non, c’est juste pour le jeu de mot. Ils ont raison. Mais outre que je me méfie, par expérience, des conneries qu’ils sont capables de faire, qui, à défaut d’être irrémédiables peuvent être longues à réparer, je n’arrive pas à justifier le prix qu’on me demande. Parce que les coupes à 20 ou 30 euros, vous pouvez oublier. Pas avec les cheveux aux fesses. Même si vous ne voulez que l’égalisation des pointes. Le prix de la dose de shampooing ? J’en sais rien, en tout cas, c’est sans moi, même si c’est au détriment de l’état général de ma crinière. 

Le maquillage aussi. Vous n’avez pas remarqué ? Elles ont toujours l’oeil délicatement souligné, le gloss parfaitement posé, et les jours roses (et le teint parfait). Le teint parfait, c’est raté. Le maquillage, je ne sais pas faire. Non, il faut le dire, je suis incapable de me maquiller. Ne me dites pas que ça s’apprend. On m’a appris. Enfin, on a essayé de m’apprendre. 

Définitivement, je n’ai jamais été, et ne serais jamais une princesse. D’un autre côté, je n’ai plus l’âge. J’arrive à celui des belles-mères, mégères et autres sorcières des comtes. A choisir, je serais sorcière, merci. 

Est-ce que je regrette ? Parfois, un peu. Comme l’a dit un jour Desproges à la belle Inès, est-ce que certain(e)s ne naissent pas un peu plus libres et un peu plus égaux(ales) que d’autres ? Mais au final, je crois que je m’en fiche un peu. Je n’aime pas ce que le miroir me reflète ? Je ne m’y attarde pas outre mesure, juste un coup d’oeil pour m’assurer que l’impression générale n’est pas trop trop terrifiante, que j’ai fermé les boutons dans l’ordre ou que ma braguette est bien fermée.