Info du jour (France 2, journal de 13H), une vingtaine de facultés met en place des cours de rattrapage de français obligatoire, les profs n’en peuvent plus de tenter de décrypter des textes émaillés de fautes à tous les étages. Jusque là, je me dis, tiens, bonne initiative, et puis ça fait des postes, un peu. Las, mes espoirs sont retombés bien vite quand l’invité en plateau, un monsieur grisonnant dont je n’ai pas retenu le nom, et c’est peut-être mieux ainsi, a gentiment expliqué qu’aujourd’hui, trop de matières sont enseignées, trop de sujets dans les matières, bref, trop de choses à apprendre par ailleurs, ne laissant pas loisir à nos enfants d’acquérir les bases de l’orthographe. Ah. Les pauvres chéris. Et donc, de proposer de simplifier. Non ? Sans rire il en est encore pour nous resservir ce mauvais plat froid ? Au moins un, manifestement. Elise Lucet lui demande un exemple, il recommande la suppression des voyelles inutiles à la prononciation. 

Je ne veux pas dire, mais ça me semble compliqué. Parce qu’en vérité elles le sont toutes, inutiles. Il suffit de mettre des accents ou de remplacer deux s par un c, ou de décréter que si on doit entendre z, on met z. C’est ce que fait souvent ma fille (oui, j’ai des enfants pour qui l’orthographe est un monde magique et merveilleux, mais qu’ils n’ont pas vraiment visité…). Et vous imaginez les cours ? Alors là vous mettez deux l (ou de m, n, s…) parce qu’on entend “è” pas “eu” (je n’ai pas révisé ma phonétique). Question suivante, pourquoi écrire “aprenne” alors qu’on écrit bien néoprène ? Sincèrement, est-ce que ça simplifie vraiment d’expliquer que des fois on le met, des fois pas, de façon finalement arbitraire, alors que la double consonne a souvent une histoire en l’état actuelle des choses. 

é pui si on doi sinplifié otan le fèr pour de bon. dayeur on va oublié lé virgul é la ponctuasion intèrmédièr sa sèr à rien. zut coman désidé pour les axan ? a lorèye…

je le disé plu o, jé deu zenfan ki fon dé fote, mè si je lé forse a réfléchir, il son capable dan éliminé la kazi totalité. alor je vous l afirme : se né pa zin mank de tan d’aprentisage, sé kon ne leur apran plu a réfléchir a sé détaye parse ke sa na intérésé persone pendan dé zanné. 

Bon, on va arrêter les bêtises deux minutes, c’est beaucoup plus fatigant pour la tête et les yeux de se contraindre à simplifier ! Notez, ça ferait baisser les prix des livres (ou augmenter les bénéfices des éditeurs) : plus besoin des services d’un correcteur. On pourra toujours les recycler en prof d’orthographe simplifié à destination des enseignants qui devront eux-même inculquer ces conneries à leurs élèves… Le temps que ça se généralise dans toutes les générations en vie, je pense que le mot orthographe aura purement et simplement disparu du dictionnaire. Lui-même d’ailleurs, ne sera plus qu’un objet de collection pour amateur d’antiquités et de curiosités…